Effiler (verbe)
Définition de l'Académie française (éd. 1986)
| Verbe |
XVI e siècle. Dérivé de fil.
1. Défaire fil à fil, détisser. Effiler l'extrémité d'un ruban pour faire une frange. On effilait autrefois des pièces de lin ou de chanvre pour fabriquer la charpie destinée aux pansements. Par méton. Effiler de la charpie. Pron. Ce tissu s'est effilé, il s'est défait fil à fil. Par anal. Effiler des haricots verts, en retirer les fils.
2. Rendre mince, aussi fin qu'un fil. Effiler la pointe d'un crayon. Effiler sa moustache. Par ext. Son visage s'effile, il s'amincit. Spécialt. Effiler les cheveux, les rendre moins épais en les coupant mèche par mèche.
3. Très vieilli. Effiler un chien de chasse, le fatiguer, l'affaiblir en le faisant trop courir, quand il est trop jeune.
Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)
| Verbe |
Défaire fil à fil. "Effiler une toile. Une étoffe qui s'effile."
1ère définition d'Emile Littré
| Verbe |
1 Défaire un tissu fil à fil. Effiler une toile.
VOLT.: « Parfiler.... c'est
DIDER.: « Je hasarde quelques conjectures au risque de faire rire celui qui effile la charpie à l'Hôtel-Dieu »
2 Effiler les cheveux, les dégarnir en les coupant en pointe.
3 S'effiler, v. réfl. Se défaire en fils. Cette toile s'est effilée.
Flotter comme un effilé, comme une frange.
LAMART.: « Sa chevelure qui s'épanche, Au gré du vent prend son essor, Glisse en ondes jusqu'à sa hanche, Et là s'effile en franges d'or »
ÉTYMOLOGIE
Ef- pour es- préfixe, et fil de lin ou de chanvre ; provenç. esfilar ; ital. sfilare.
2ème définition d'Emile Littré
| Verbe |
Terme de chasse. Énerver, fatiguer. Effiler les chiens.
HISTORIQUE
XVIème siècle
Poésies de LOYS LE CARON, f° 70, dans LACURNE: Donne moy les faveurs de l'attique oraison, Ou clos ma voix de tenebreux silence ; Effile mon cerveau de subtile raison, Ou le sommeil sur ma paresse elance
Moyen de parvenir, p. 107, dans LACURNE: Un jour qu'elle estoit au sermon, elle ouyt le prescheur qui s'effiloit [se fatiguait à] d'alleguer l'escriture
ÉTYMOLOGIE
Es- préfixe, et fil, dans le sens de tranchant ; comme on ne donne le fil qu'en limant, diminuant,
SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE EFFILER. Ajoutez :
4 Terme de filature. S'effiler, se dit des fils de laine qui n'ont pas reçu une torsion suffisante.
Enquête, Traité de comm. avec l'Anglet. t. III, p. 76: Si le fil n'a pas reçu une torsion suffisante, ou s'il n'a reçu qu'un tordage trop rapidement fait, s'il s'effile, - c'est le terme employé en filature, - on a du fil très mauvais qui ne permet pas d'obtenir un tissage régulier
Signification éditée en 1835 par l'Académie Française
| Verbe |
Défaire un tissu fil à fil. "Effiler une toile." On l'emploie aussi avec le pronom personnel. "Bougier le bord d'une étoffe, de crainte qu'elle ne s'effile."
"Effiler les cheveux," Les dégarnir en les coupant en pointe.
Ancienne définition de 1798 (Académie Française)
v. a. Défaire un tissu fil à fil. "Effiler une toile. Bougier le bord d'une toile ou d'une étoffe, de peur qu'elle ne s'effile."
Signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)
| Verbe |
Défaire un tissu fil à fil. "Effiler une toile. Bougier le bord d'une toile & d'une étoffe, de peur qu'elle ne s'effile."
Signification éditée en 1694 (selon l'Académie Française)
| Verbe |
Deffaire un tissu fil à fil. "Effiler une toile. cirer le bord d'une toile & d'une estoffe de peur qu'elle ne s'effile".
Emplacement dans le dictionnaire :
Quelques citations relatives :
Citation n°1 de George SAND (Histoire de ma vie)...jeunes élèves. Ces élèves n'étaient que huit, condition excellente pour qu'elles fussent choyées et surveillées avec soin. Ma grosse fille se trouva fort bien de ce nouveau régime. Elle commença à s'effiler et à se civiliser avec ses compagnes. Mais elle resta longtemps sauvage avec les personnes du dehors, avec mes amis surtout, qui se plaisaient trop à se faire ses esclaves. Elle avait une manière d'ê...
- Autres Recherches
-
Synonymes
Conjugaisons
Conjugaison du verbe : cliquez ici
